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      Nous sommes 9 ce jeudi pour suivre avec Alain le sentier des charbonniers (en partie) qui travaillèrent autrefois dans le massif du Ventoux, contribuant ainsi à modeler ce paysage unique. Départ sur la route de la Gabelle au lieu-dit La Gaillarde à 800 m d’altitude, sur la trace des moutons dont l’odeur forte ne peut pas nous tromper. Un peu plus loin la Baume du « Bél é » nous confirme que depuis longtemps les troupeaux fréquentent le lieu.
      Nous entamons une longue descente par le vallon de la Sonne à l’ombre de grands buis encore intacts (pour combien de temps?). C’est là que nous découvrons les premiers vestiges de la présence des charbonniers qui menèrent ici une vie rude. Ils venaient souvent d’Italie (particulièrement du Piémont) à la belle saison avec femmes et enfants, logeant dans d’inconfortables cabanes en pierres. Ils entassaient 20 tonnes des bûches de chêne d’1m10 en laissant au centre une cheminée, puis recouvrait le tas d’une « peau » de feuilles et de terre pour rendre le montage étanche. La combustion durait de 2 à 3 semaines et il fallait sans cesse la surveiller pour que tout ne s’enflamme pas. Ils vinrent ici jusqu’au début du XX ème siècle et tout au long de la randonnée nous pourrons ainsi observer ces larges cercles de terre noire caractéristiques de leur activité.
      Au bout de ce sentier nous débouchons sur la route de la Nesque au niveau du Jas de Fayol. Nous profitons de la vue magnifique sur les gorges. Nous admirons aussi la flore locale et en particulier les molènes de mai (ou Verbascum) et leurs spectaculaires hampes florales jaunes qui peuvent atteindre 2 m. On les utilisaient au moyen-âge pour en faire des torches, enduites de poix. Elles sont aussi utilisées en phytothérapie contre les toux, bronchites…
      Nous suivons brièvement la route, puis un chemin parallèle qui nous amènera jusqu’à La Lauze, très joli hameau bien restauré, qui respire le calme et la sérénité avec ses jardinets fleuris de roses et d’iris. Plus haut, nous découvrons la centrale photovoltaïque d’une puissance de 261 mégawatts qui fonctionne depuis 2011.
      Nous pique niquons au bord de cette mer de panneaux solaires avant d’entamer la longue, mais régulière, remontée vers notre point de départ. Sur ce trajet, à travers des bois de pins et de cèdres, nous ferons de petites pauses pour découvrir d’anciennes bergeries : Piè Gros, et son bel ensemble d’enclos et de bâtiments en pierres, le Pas du Loup, elle aussi bien conservée, ainsi qu’une troisième dans un état un peu plus délabré.
      Belle journée, belle balade à la découverte de notre patrimoine dans un décor somptueux entre Ventoux et Gorges de la Nesque.