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      Mardi 7 juin, ce sont 49 personnes du club confortablement installées dans le bus qui sont partis en direction des Saintes Maries de la mer. Porte d’entrée de la Camargue, ces terres tout en étangs et salins, mais aussi stériles et monotones ; habitée de flamands roses et de hérons pourprés, de taureaux et de chevaux bien sûr.
      Il est 10h30 quand nous arrivons à la manade Cavallini. Nous sommes attendus par Laurent Cavallini et sa fille Laura (ex-dauphine de la reine d’Arles). C’est en 1984 que Laurent s’installe au Mas de Pioch, propriété agricole située aux Saintes-Maries de la Mer, pour y élever des taureaux de Camargue. Rapidement rejoint par son épouse Anne, et grâce à l’aide précieuse des gardians amateurs, il sélectionne, élève, entoure de soins et d’attentions ses bêtes pour produire les meilleurs cocardiers. Au fil du temps, la Manade Cavallini gagne en reconnaissance et en notoriété. Aujourd’hui, les taureaux de la manade courent sur les pistes de toutes les arènes de Provence et du Languedoc. ous embarqués sur des charrettes tirées par un tracteur nous voilà partis à travers la propriété (250 hectares) pour 1h30 à la découverte des traditions gardianes. Passage devant les différents lots de bêtes: vaches, cocardiers, cocardières, étalons, « abrivadeurs » et taureaux jeunes. Ainsi que le mode d’élevage traditionnel à travers les explications bien détaillées d’un gardian.il faut savoir que selon sa personnalité, chaque taureau a un rôle bien défini dans le troupeau. Et c’est en tanguant avec la charrette que nous prenons la direction du Mas… Tout cela sous un fort cagnard…. dont se souviendra Lisette… et pas de vent !  C’est dans le cadre authentique et élégant d’une ancienne cave rénovée que l’apèro …Kir au vin blanc de pays, saucisson de taureau Camargue, mouclade, olives de pays….nous est servi par de charmantes demoiselles. C’est aussi l’heure du dîner… C’est autour de tables rondes que nous prenons place. Une salade des mieux assaisonnée nous met en appétit pour la suite… une gardiane de taureau…de Camargue… (Non ce n’est pas la femme du gardian, mais la bonne daube traditionnelle de taureau) une viande fondante et d’une cuisson des plus parfaite qui enthousiasme les plus difficiles d’entre nous. En cuisine comme aux arènes, la bête noire a ses aficionados : sa viande AOP réjouit les gourmets. Dans la gardianne, c’est le taureau qui porte l’habit de lumière. Puis, fromage et dessert pour terminer ce repas Convivialement partagé. 14h… Départ vers les Saintes ou plus précisément vers l’embouchure du petit Rhône. . Quelques Mouettes rieuses longent la digue en guettant les petits poissons ou invertébrés, jouant dans le vent. Une fois la proie repérée, elles plongent. Nous prenons place à bord du Tiki III, bateau typique, peint de couleurs vives, blanc et rouge, pourvu de deux hautes cheminées et d’une roue à l’arrière laquelle est surmontée d’une sorte de balcon entouré d’une balustrade (apprécié par nos amis Mazannais); il a l’air de sortir tout droit d’une carte postale exotique; avec un peu d’imagination, et en fermant les yeux, on pourra se croire sur le Mississippi, il y a un siècle!  Nous voilà partis pour une mini croisière de l’embouchure du Petit Rhône au Bac du Sauvage, guidés par les commentaires du capitaine. A bâbord, un bateau de pêcheur est arrêté au long d’une digue de gros cailloux; à tribord, des taureaux noirs couchés sur le sable de la rive, sont venus chercher le frais au bord de l’eau, devant de grosses touffes de joncs piquants. Les images se succèdent: un groupe de mouettes ou autres oiseaux de mer; un échassier blanc perché sur une branche morte, devant un bosquet touffu de tamaris; un superbe héron cendré, dépassant fièrement de l’eau dans laquelle il marche, en haut de ses longues jambes grêles; une mouette encore, sur un tronc d’arbre mort torturé, probablement arraché en amont, lors d’une crue, qui est venu échouer là, dans le courant. Sympathique “escale” avec une gardianne, ses chevaux et ses taureaux. Certes, ça fait un peu mise en scène, pour agrémenter la balade des touristes que nous sommes, on a même apporté ici un peu de foin à l’avance, mais c’est malgré tout un bon moment. Nouvel héron cendré, et nous voici au Bac du Sauvage; il est mû par des roues à aubes, à peu près comme le nôtre, et il est aussi peint de couleurs blanche et rouge il circule sans possibilité de direction, car il est fixé le long d’un câble, c’est un traversier à traille; ce bac assure la continuité de la route départementale 85, sur une distance de 230 mètres; pendant la morte saison, il est réservé aux riverains; habituellement, il effectue une traversée toutes les trente minutes, mais, pendant la période de pointe estivale, la fréquence des passages est doublée. Après avoir effectué un large virage, nous revenons vers l’embouchure. : Chevaux et taureaux sous les ombrages d’arbres assez hauts; oiseau blanc sur une branche d’un massif de tamaris, sans doute une aigrette; filet mis à sécher; maisons de plaisance, entourées de lauriers fleuris…devant les maisons, des embarcadères de planches, sur pilotis, le long desquels patientent des barques et des bateaux à moteur;… Nous revoilà à la plage aux mouettes, puis à celle des chevaux, dont plusieurs, maintenant, se sont levés et paissent parmi les touffes de joncs piquants derrière des débris de bois charriés par les crues. Dans le lointain, entre deux bosquets, l’église des Saintes Maries de la Mer se dresse vers le ciel, comme une prière. La mini-croisière s’achève; elle a tenu ses promesses…Nous repartons vers les Saintes. Çà et là, les maisons des berges et des pêcheurs, dont l’abside tourne astucieusement le dos au mistral, sont blanchies à la chaux et scintillent au soleil.  Passage incontournable dans le centre-ville avec toutes ces petites boutiques et forcément l’église romane fortifiée, cœur de la cité; la trouver n’est pas un exercice bien difficile car elle s’élève au-dessus des maisons et on la voit d’à peu près partout dans la ville et de très loin dans les environs; un édifice massif pourvu d’un donjon, dont le rebord du toit est crénelé, qui fait penser à une forteresse. L’église des Saintes Maries rassemble deux fois par an des foules immenses pour des pèlerinages. Le cérémonial général de ces fêtes se répète à l’identique depuis le Moyen Âge. Lieu de pèlerinage, elle est aussi l’église paroissiale. Dans les ruelles de nombreux touristes baguenaudent. La journée, s’achève. Nous avons pleinement profité de cette immersion en Camargue. Le retour en car est calme et plein de bons souvenirs de cette agréable journée.
      D’une part parce que l’ambiance était, comme toujours, bonne mais avec quelque chose en plus qu’ont amené tous ceux…… qui sont récemment entrés dans le Club. Ils apportent la gaité, le bruit, l’entrain bref, le renouveau. Une sortie qu’on peut qualifier de réussie.