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De la Sainte-Baume, on ne connaît souvent que sa silhouette, en empruntant l’autoroute entre Aix et Saint-Maximin. En trois journées, nous avons eu le plaisir de découvrir une partie des trésors qu’elle recèle, sous la conduite avisée de Gérard qui connaît ce massif comme sa poche.
Direction le village du Plan d’Aups, niché au pied de la falaise et où nous séjournerons pour deux nuitées à l’hostellerie tenue par des religieux. On se rend au parking La Brusque pour une jolie montée dans les arbres qui nous mènera vers le col de Bertagne d’où nous pourrons admirer le pic du même nom, ainsi qu’un magnifique panorama sur la Méditerranée et la ville de Marseille.
Nous traversons ensuite un plateau rocailleux qui présente une flore d’une incroyable diversité : santolines, asphodèles, hélianthèmes, thym, lins, cistes, vipérines… C’est une explosion de couleurs vives et de parfums subtils !
On respire à pleins poumons cet air marin et l’on descend dans un décor de western vers le col de l’Espigoulier, puis on remonte vers les dents de Roque Forcade dont les formes particulières évoquent sans conteste des « quenottes » de taille XXL ! Durant l’ascension on s’arrête parfois pour identifier les massifs voisins : celui proche de l’Etoile, puis la SainteVictoire au second plan et au loin ceux qui nous sont plus familiers : le Lubéron et enfin le Ventoux (dont la présence semble rassurer Fred!).
Après le pique-nique c’est un petit passage sportif, muni de chaînes de sécurité, qui nous attend et nous amène sur un plateau couvert de lys de Saint-Bruno et de « Cheveux d’Anges » : on se croirait au paradis ! Par contraste Gérard veut nous faire découvrir la « descente aux enfers » sous forme d’un aven qu’on mettra longtemps à localiser sur ce Plan des Vaches désertique. L’endroit est très sec mais recèle de nombreuses ressources aquatiques (environ 40 sources sur le massif, nous précise notre guide).
Nous redescendons tranquillement vers les voitures qui nous amèneront à l’hostellerie. Installation dans le dortoir (cela rappelle l’internat à ceux qui l’ont connu…), puis apéro très sympa qui est le bienvenu et dîner au restaurant tenu lui aussi par les moines.
Après une nuit plus ou moins bonne pour les uns et les autres (ronflements, lumière, voire cris!) et un solide petit déjeuner on démarre pour la « grande rando » du séjour.
Elle débute par un long faux plat dans une forêt enchanteresse composée de pins, chênes, érables, ifs, houx, hêtres… qui poussent là pour certains depuis des siècles.
Forêt vierge, forêt relique, forêt primaire, forêt climax pour les spécialistes… Les appellations sont nombreuses pour cet espace de 138 ha (sur une surface totale de 2076 ha gérée par l’ONF). Qu’importe, ce lieu est magique, le chant des oiseaux et les jeux de lumière dans les feuillages nous emplissent de sérénité. Le Sentier Merveilleux (c’est son nom) commence à s’élever après 5 km pour un franchissement spectaculaire de la barrière rocheuse à travers une faille qui nous amène au Paradis ! C’est aussi le nom de cette jolie prairie fleurie où butinent toutes sortes de papillons. Nous y dégustons les fameuses « zézettes » apportées par Joëlle.
Nous grimpons dans les éboulis pour parvenir sur la crête que nous allons suivre sur plusieurs kilomètres. Il y souffle un violent vent du sud (les casquettes s’envolent) et nous constatons dans ce lieu exclusivement rocheux aux conditions climatiques parfois extrêmes, une incroyable richesse botanique. Nous sommes là dans un autre univers… Le panorama est époustouflant des sommets des calanques de Cassis au Mont Faron et même le Mercantour au lointain. Nous franchirons les plus hauts sommets de l’Himalaya varois : le Signal des Béguines (1148 m), le Jouc de l’Aigle, le Saint Pilon.
La crête se rétrécit et nous entamons la descente du versant nord par le Pas de la Cabre. Le joli sentier est protégé du vent et nous arrivons à la fameuse grotte sacrée où, d’après la tradition, Sainte Marie-Madeleine aurait passé les trente dernières années de sa vie. Cent cinquante marches à gravir sont nécessaires pour y parvenir. Depuis le Vème siècle c’est devenu un haut lieu de pèlerinage pour le monde chrétien.
Pour le troisième jour le parcours sera plus tranquille mais tout aussi beau. Nous allons découvrir un autre petit paradis : les sources de l’Huveaune. Nous démarrons du Pas de Peyruis en direction de la ferme de La Taurelle et nous croisons la bergère qui nous prévient que des patous surveillent ses moutons. Nous suivons un vallon dans une odeur de foin fraîchement coupé, puis dans celle plus entêtante du genêt.
Le doux murmure de l’eau nous prévient de la présence du ruisseau et nous découvrons de superbes vasques remplies d’eau limpide. Un chemin ombragé longe le cours d’eau où de nombreuses petites cascades scintillent dans la lumière de cette belle journée. L’endroit est paradisiaque mais hélas trop fréquenté. Un jeune garde forestier est présent pour informer les promeneurs des précautions à prendre pour préserver ce joyau (classé réserve biologique). Certains jours on peut y recenser jusqu’à 500 promeneurs !
Nous grimpons par le vallon de la Castelette pour arriver jusqu’à la grotte du même nom, ancienne résurgence de l’Huveaune. Retour par la rive droite du « fleuve » (il se jette dans la mer à Marseille).
Et fin de ce séjour qui nous a tous enchantés.